Comment préparer ses dépôts d'hiver sans se faire piéger par le calendrier
Chaque année, c'est la même scène : des Parisiennes arrivent avec leurs manteaux en fourrure synthétique, leurs gros cachemires et leurs sacs de luxe… pile au moment où les clientes pensent déjà aux robes de printemps. En dépôt‑vente, rater la saison, c'est parfois rater la vente. Parlons calendrier, lucidité et stratégie d'hiver.
La mauvaise habitude qui coûte une saison entière
On a beau l'expliquer, beaucoup raisonnent encore comme avec la fast fashion : on porte un manteau jusqu'en février, on s'en lasse, puis on se dit qu'on ira le déposer “quand on aura le temps”. Autrement dit : beaucoup trop tard.
Or un dépôt‑vente sérieux - à Paris ou ailleurs - fonctionne à l'inverse : on prépare la saison avant qu'elle ne commence. À La Marelle, le calendrier est clair :
- Printemps : de mi‑janvier à fin mars
- Été : de fin mars à fin mai
- Automne : de fin juillet à fin septembre
- Hiver : de fin septembre à mi‑décembre
Si vous débarquez avec votre manteau Max Mara début janvier, vous n'êtes plus en avance, vous êtes en retard d'une saison. C'est brutal, mais c'est la réalité du terrain.
Comprendre la logique du dépôt‑vente, pas celle de votre dressing
Le réflexe naturel, c'est de déposer une pièce quand on n'en veut plus. En dépôt‑vente, il faut la déposer quand une autre femme va commencer à en rêver.
Ce décalage de quelques semaines change tout :
- Il laisse le temps à la boutique de contrôler la pièce, de la préparer, de l'étiqueter.
- Il permet de présenter une sélection cohérente au bon moment (un rayon hiver bien rempli dès octobre, pas en janvier).
- Il maximise vos chances de vendre au bon prix, sans brader en catastrophe.
Ce n'est pas une lubie de commerçant tatillon. C'est ce qui fait la différence entre un dépôt qui tourne et une pièce qui dort en rayons.
Hiver à Paris : les pièces qui partent vraiment
On va être honnête : tout ce qui est étiqueté “hiver” ne se vend pas de la même façon. Certaines catégories se battent, d'autres traînent, quelle que soit la marque.
Manteaux et vestes : les vraies valeurs sûres
Les clientes parisiennes viennent chercher :
- de beaux manteaux en laine ou cachemire (Max Mara, Sandro, Maje, Burberry…)
- des doudounes fines mais chic (Moncler et consorts, quand elles restent sobres)
- des trenchs doublés ou cabans structurés
Ce qu'elles fuient : les volumes dépassés, les couleurs criardes, les effets “tendances TikTok” d'il y a trois hivers. C'est dur à entendre, mais beaucoup de pièces dites “statement” ont une durée de vie ridicule.
Avant de déposer, comparez votre manteau aux silhouettes actuelles que vous voyez dans les rues du 2ᵉ, autour de la Galerie Vivienne. Si la coupe semble sortir d'un vieux lookbook, il faudra être réaliste sur le prix.
Gros pulls, cachemires, mailles précieuses
Les pulls en laine et en cachemire de bonne facture se vendent très bien en seconde main. Ce qui compte :
- une maille propre, sans bouloches ni torsion
- des couleurs faciles : noir, gris, camel, écru, marine
- des marques identifiables : Isabel Marant, Zadig & Voltaire, Maje, The Kooples, Prada, Dior…
Un cachemire impec, même sans logo ostentatoire, va se vendre. Un pull ayant déjà connu trois campagnes de dépeluchage intensif, non.
Petit rappel utile : La Marelle refuse les pièces abîmées, tachées, déformées. Ce n'est pas de la dureté, c'est la condition pour proposer une expérience d'achat au niveau d'une vraie boutique de luxe. Les clientes viennent pour ça.
Sacs de luxe en hiver : le piège de la couleur
Sur les sacs, l'hiver a ses codes. Une besace en cuir noir, un sac structuré camel, une bandoulière en bordeaux profond : parfait. Un mini‑sac jaune fluo ou un cabas de plage rayé ? Hors sujet, ou presque.
En fin d'année, l'acheteuse typique cherche :
- un sac chic pour le bureau
- un beau cuir pour les fêtes
- un modèle intemporel qu'elle gardera plusieurs années
Les maisons comme Chanel, Dior, Louis Vuitton, Hermès ont évidemment la cote. Mais d'autres marques bien choisies se défendent très bien, tant que la pièce raconte quelque chose de sobre et durable.
2025 : comment l'hiver change avec la mode responsable
Depuis quelques années, les rapports de l'Agence de la transition écologique (ADEME) sont clairs : la consommation textile doit ralentir. Et en boutique, on le voit. Les clientes ne veulent plus quinze pulls moyens, elles veulent trois beaux cachemires bien coupés, éventuellement achetés d'occasion.
Résultat concret pour vos dépôts :
- les pièces de qualité se vendent mieux qu'il y a dix ans
- les marques fast fashion n'intéressent quasiment plus personne en dépôt‑vente sérieux
- les Parisiennes n'ont plus envie d'être les cobayes de la micro‑tendance de la semaine
Ce changement de mentalité profite à celles qui ont investi dans de belles pièces et qui les revendent au bon moment, dans la bonne adresse, plutôt que sur une plateforme où tout finit par se ressembler.
Préparer ses dépôts d'hiver : une méthode concrète
1. Faire le tri tôt, pas au dernier moment
Dès fin août ou début septembre, bloquez une demi‑journée chez vous. Ouvrez les placards et posez‑vous trois questions très simples sur chaque pièce d'hiver :
- Est‑ce que je l'ai portée l'hiver dernier, ne serait‑ce qu'une fois ?
- Si je la voyais aujourd'hui en boutique, je la rachèterais ?
- La coupe est‑elle encore vraiment actuelle ?
Si vous répondez non à au moins deux questions, la pièce mérite clairement d'être envisagée pour un dépôt. Ne laissez pas passer encore un hiver “au cas où”.
2. Vérifier l'état avec un œil impitoyable
En dépôt‑vente de seconde main haut de gamme, l'exigence n'est pas négociable. Avant de prendre rendez‑vous :
- inspectez les coutures, doublures, boutons, fermetures éclair
- regardez les revers de col, poignets, entrejambe, dessous de bras
- vérifiez l'absence d'odeur de cigarette, d'humidité ou de parfum trop tenace
Si vous devez hésiter dix secondes pour décider si c'est « en bon état », c'est que ça ne l'est probablement pas assez pour un dépôt sérieux comme La Marelle.
3. Nettoyer avant, pas après
Beaucoup arrivent en disant : “Si ça part, je le ferai nettoyer”. Mauvaise idée. Un manteau qui sent le placard, un pull qui n'est pas parfaitement frais, sont immédiatement en dessous du niveau attendu.
Nettoyez avant. Oui, c'est un coût. Mais face à une cliente qui hésite entre deux pièces, la propreté parfaite fait souvent pencher la balance.
4. Choisir la bonne adresse, pas la plus proche
Vous habitez dans le 15ᵉ, le 20ᵉ ou en proche banlieue ? Ce n'est pas une raison pour confier vos pièces à la première échoppe du quartier. Un dépôt‑vente de luxe, ce n'est pas juste un portant, c'est :
- un emplacement - la Galerie Vivienne, au cœur de Paris, n'attire pas le même profil que n'importe quelle rue commerçante
- une équipe qui sait fixer un prix réaliste, sans vous raconter des histoires
- une clientèle qui sait reconnaître et payer une belle pièce
C'est ce mélange qui fait que vos dépôts se vendent, ou pas.
Cas concret : le manteau qu'on dépose trop tard
Imaginons Claire, 42 ans, cadre dans une banque du quartier Opéra. Elle a un magnifique manteau en laine, acheté neuf il y a trois ans chez une grande maison italienne. Elle l'a peu porté, il est parfait. Mais elle en a marre, elle rêve d'un modèle plus court.
Scénario classique :
- Elle porte encore le manteau de novembre à janvier, “tant qu'il fait froid”.
- En février, elle décide de le déposer. Elle appelle un dépôt‑vente… qui lui explique que la saison hiver est en train de se terminer.
- Son manteau est accepté, certes, mais il a moins de temps pour trouver preneuse. On finit parfois par le solder, ou par lui proposer de le récupérer pour l'hiver suivant.
Scénario intelligent :
- Fin août, Claire se rend compte qu'elle ne veut plus vraiment de ce manteau.
- Elle le fait nettoyer, vérifie l'état, puis prend rendez‑vous pour un dépôt de fin septembre à La Marelle.
- Le manteau est en rayon dès le début de la vraie saison de froid. Il profite de tout le flux des clientes d'octobre‑novembre.
La même pièce, dans la même ville, ne raconte pas du tout la même histoire selon le moment où elle arrive en boutique.
Ne pas confondre votre urgence et le bon timing
En hiver, on veut parfois “se débarrasser” de pièces qui nous agacent. Mais le dépôt‑vente n'est pas une benne à frustration, c'est un circuit précis, presque millimétré.
Le bon réflexe pour vos pièces d'hiver :
- préparez‑les juste avant la saison, même si vous ne les détestez pas encore
- acceptez que certaines tendances soient mortes, même si la marque est prestigieuse
- posez des questions sur le calendrier, plutôt que de supposer
Et si vous hésitez vraiment, rien ne vous empêche de passer en boutique, de parler avec une conseillère, de demander un avis honnête. C'est tout l'intérêt d'un dépôt‑vente qui assume son rôle de filtre et pas seulement de caisse enregistreuse.
Et maintenant, que faire de vos pièces d'hiver ?
Si en lisant ces lignes vous pensez à vos manteaux, grosses mailles ou sacs qui dorment, vous savez déjà ce qu'il reste à faire : trier tôt, nettoyer, puis prendre rendez‑vous.
Pour comprendre précisément ce que vous pouvez déposer et à quel moment, commencez par parcourir le mode d'emploi du dépôt et les pièces sélectionnées. Ensuite, il restera l'essentiel : venir nous voir à la Galerie Vivienne, au 25, en plein cœur de Paris, et laisser vos vêtements d'hiver commencer leur deuxième vie pendant qu'il est encore temps.